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Conduit non ramoné et refus d'indemnisation : la marche à suivre

Un conduit non ramoné dans l'année qui précède un sinistre est le premier motif de refus d'indemnisation invoqué par les assureurs. Le certificat de ramonage, document que seul un professionnel peut délivrer, est la preuve qui permet d'éviter ce refus.

Lecture : 7 minMis à jour le 2026-09-22

Conduit non ramoné et refus d'indemnisation : la marche à suivre

Pourquoi un conduit non ramoné fait perdre le droit à indemnisation

Après un feu de cheminée, une intoxication au monoxyde de carbone ou un incendie parti d'un conduit, l'assureur demande systématiquement le certificat de ramonage de l'année en cours. Sans ce document, il peut invoquer un défaut d'entretien et réduire l'indemnisation, voire la refuser entièrement. Ce refus s'appuie sur les conditions générales du contrat d'assurance habitation, qui font de l'entretien du conduit une obligation de l'assuré.

Le raisonnement de l'assureur est simple : un conduit encrassé favorise le feu de cheminée et la mauvaise évacuation des fumées, donc l'intoxication au monoxyde de carbone. Si rien ne prouve que l'entretien a été fait, le sinistre est présumé causé par une négligence, pas par un accident couvert.

Comment l'assureur motive concrètement son refus

Dans la pratique, l'assureur ne se contente pas d'un simple refus oral. Il envoie un courrier motivé, souvent après le passage d'un expert mandaté pour examiner le conduit et les circonstances du sinistre. Ce courrier doit indiquer la clause du contrat invoquée, en général celle relative à l'entretien des installations de chauffage, et le motif précis retenu : absence de certificat, certificat trop ancien, ou fréquence de ramonage non respectée au regard du règlement sanitaire départemental. Lire attentivement ce courrier est la première étape avant toute contestation, car le motif exact détermine la stratégie à adopter : recherche de preuves complémentaires, contre-expertise, ou saisine du médiateur.

Le certificat de ramonage, la seule preuve qui compte

Une facture de bois, une photo du conduit propre ou un témoignage ne suffisent pas. Seul un certificat de ramonage délivré par un professionnel fait foi auprès de l'assureur. Ce document doit mentionner clairement :

  • la date de l'intervention
  • l'adresse du logement et le type d'appareil concerné (cheminée, insert, poêle, chaudière)
  • le nom et les coordonnées du professionnel ou de l'entreprise
  • la mention de la vacuité et de la conformité du conduit

Un ramonage fait soi-même, même avec un hérisson et une perche, n'a aucune valeur face à un assureur. Le certificat doit être conservé, idéalement scanné, pendant plusieurs années : c'est ce document, et non le souvenir d'avoir ramoné, qui protège en cas de sinistre.

Ce que vérifie un professionnel en plus du nettoyage

Un ramonage sérieux ne se limite pas à passer le hérisson dans le conduit. Le professionnel contrôle aussi l'état des joints et de la maçonnerie, recherche des fissures ou des traces d'infiltration, vérifie la distance entre le conduit et les matériaux combustibles proches, comme la charpente ou l'isolant, et teste le tirage en faisant fonctionner l'appareil quelques minutes. C'est cette inspection, et pas seulement le nettoyage, qui permet de repérer un conduit dangereux avant qu'un sinistre ne se produise.

Une fréquence qui dépend du département

Ce que dit la réglementation

La fréquence de ramonage n'est pas fixée au niveau national de façon uniforme. Elle relève du règlement sanitaire départemental, propre à chaque département, et elle varie donc d'un territoire à l'autre. Dans la plupart des cas observés, elle tourne autour d'une à deux fois par an selon le combustible et l'usage de l'appareil, mais le chiffre exact doit être vérifié auprès de la préfecture du département concerné ou sur service-public.fr.

Type d'appareilFréquence généralement observéeRemarque
Cheminée à bois, insert, poêle à bois1 à 2 fois par anUn passage doit avoir lieu pendant la période de chauffe
Poêle ou chaudière à granulés1 à 2 fois par anFréquence parfois allégée selon le règlement local
Chaudière au fioul ou au gaz1 fois par an en généralSouvent couplé à l'entretien annuel obligatoire de la chaudière

Ce tableau donne un ordre de grandeur observé dans les règlements les plus courants. Il ne remplace pas la vérification du règlement sanitaire départemental applicable au logement concerné.

Qui doit faire ramoner, le propriétaire ou le locataire

En location, la charge du ramonage incombe au locataire, en tant que dépense d'entretien courant du logement, source décret n° 87-712. Cela signifie que :

  • le locataire doit faire réaliser le ramonage et conserver le certificat
  • en cas de sinistre pendant la location, c'est le certificat du locataire qui sera demandé par l'assureur
  • le propriétaire reste responsable de l'état structurel du conduit, fissures ou étanchéité, ce qui est distinct de l'entretien courant

Un propriétaire occupant est, lui, seul responsable du ramonage et de la conservation du certificat.

Cas particuliers : copropriété et résidence secondaire

En copropriété, un conduit collectif peut être ramoné dans le cadre d'une intervention organisée par le syndic, mais chaque occupant doit malgré tout demander et conserver son propre certificat, car c'est ce document individuel que l'assureur réclamera en cas de sinistre dans un lot précis. Un conduit individuel raccordé à une partie commune reste, lui, à la charge de l'occupant du logement.

Pour une résidence secondaire, l'obligation de ramonage s'applique même si le logement n'est occupé que quelques semaines par an. L'assureur ne fait pas de distinction entre résidence principale et secondaire : en cas de sinistre, il demandera le certificat couvrant la période précédant l'incident, que le logement ait été utilisé souvent ou non.

Sinistre sans certificat : la marche à suivre

Si le sinistre est déjà survenu et qu'aucun certificat récent n'existe, tout n'est pas perdu, mais il faut agir dans l'ordre :

  1. Ne rien nettoyer avant le passage de l'expert d'assurance : les résidus et suies servent de preuve pour déterminer la cause du sinistre.
  2. Déclarer le sinistre à l'assureur dans le délai prévu au contrat, généralement quelques jours.
  3. Rechercher toute preuve d'entretien antérieure : anciennes factures de ramonage, contrat d'entretien annuel avec un professionnel, même si la fréquence exacte n'a pas été respectée à la lettre.
  4. Faire réaliser un ramonage et un diagnostic juste après le sinistre, pour documenter l'état du conduit et montrer la bonne foi du propriétaire ou du locataire.
  5. Contester un refus jugé abusif en demandant une contre-expertise, puis en saisissant le médiateur de l'assurance si le désaccord persiste.

Un refus total est plus rare qu'une réduction de l'indemnisation. L'assureur applique souvent une franchise majorée ou un abattement plutôt qu'un rejet complet, surtout si l'assuré peut montrer un historique d'entretien même imparfait.

Combien coûte un ramonage et son certificat

Les prix suivants sont des ordres de grandeur observés chez les professionnels, pas des tarifs officiels : ils varient selon la région, l'accessibilité du conduit et le type d'appareil.

PrestationFourchette de prix observée
Ramonage d'une cheminée à bois classique40 à 80 euros
Ramonage d'un insert ou poêle à bois50 à 90 euros
Ramonage d'une chaudière fioul ou gaz60 à 100 euros
Contrat d'entretien annuel, ramonages et certificats inclus80 à 150 euros par an
Déplacement en zone rurale ou conduit difficile d'accèssupplément de 10 à 30 euros

Le certificat est en général inclus dans le prix de l'intervention. Il faut se méfier d'un ramonage anormalement bas : un professionnel sérieux inspecte le conduit, teste le tirage et vérifie l'absence de fissure, pas seulement un coup de hérisson rapide.

Dans un immeuble, faire intervenir un professionnel pour plusieurs lots le même jour permet souvent de réduire le coût par logement, car le déplacement est mutualisé. Un syndic peut négocier un tarif groupé qui reste, en général, inférieur à la somme des interventions individuelles, tout en délivrant à chaque copropriétaire un certificat qui lui est propre.

Guide gratuit : Ramonage : l'attestation qui vous protège

Vous chauffez au bois ou au fioul et vous avez déjà fait ramoner votre conduit, mais vous ne savez pas si le document qu'on vous a remis suffira le jour où il faudra le montrer.

Lire le guide gratuit

Éviter que la situation se reproduise

  • Programmer les ramonages en début de saison de chauffe, avant que l'appareil ne tourne à plein régime.
  • Demander systématiquement le certificat écrit, même pour un simple passage annuel.
  • Conserver les certificats des trois à cinq dernières années dans un dossier, papier ou numérique.
  • Vérifier la fréquence exacte imposée dans le département auprès de la préfecture ou de service-public.fr, car elle peut varier d'une commune à l'autre.
  • Signaler tout dysfonctionnement, tirage faible, odeur de fumée, suie excessive, au professionnel dès le ramonage plutôt que d'attendre l'année suivante : un mauvais tirage augmente le risque d'intoxication au monoxyde de carbone, point sur lequel l'ADEME recommande une vigilance particulière pendant la saison de chauffe.

Questions fréquentes

Que faire si mon assureur refuse de m'indemniser après un feu de cheminée ?

Demander par écrit le motif exact du refus, rassembler toute preuve d'entretien même partielle, puis solliciter une contre-expertise et, si besoin, saisir le médiateur de l'assurance.

Le certificat de ramonage a-t-il une durée de validité ?

Il n'a pas de durée fixée au niveau national, mais l'assureur demande en général celui de la dernière saison de chauffe, voire de l'année en cours au moment du sinistre.

Qui doit payer le ramonage en location, le propriétaire ou le locataire ?

Le ramonage est une charge d'entretien courant qui revient au locataire, source décret n° 87-712 ; le propriétaire reste responsable de l'état structurel du conduit.

Un ramonage fait soi-même peut-il remplacer le certificat professionnel ?

Non, seul un certificat délivré par un professionnel est reconnu par les assureurs ; un ramonage personnel, même réel, n'a aucune valeur de preuve.

Combien de fois par an faut-il ramoner une cheminée à bois ?

En général une à deux fois par an selon l'usage et le département, cette fréquence étant fixée par le règlement sanitaire départemental et donc variable d'un territoire à l'autre.

Que risque-t-on en cas d'intoxication au monoxyde de carbone sans certificat de ramonage ?

L'assureur peut invoquer un défaut d'entretien pour réduire ou refuser la prise en charge des dommages, d'où l'intérêt de présenter un historique d'entretien même incomplet.